MARRAKECH EN CHANSONS
On connaît tous « New-York, New-York » et « Sous les ponts de Paris » refrains mille fois entendus qui chantent la fascination qu’exercent ces deux villes admirables. Si Marrakech n’a peut-être pas été aussi célébrée en musique que Paris ou New-York, la ville ocre avec sa Place et sa médina peut quand même se vanter d’un petit palmarès plus qu’honorable de titres à sa gloire.

Elle a depuis longtemps inspiré des auteurs de chansons de styles très différents. Elle contient bien des ingrédients pour une recette de bonne chanson. L’exotisme, une forme de romantisme, des aspects secrets ou mystérieux, l’éveil des sens… Sans dresser une liste exhaustive, loin de là, passons en revue quelques titres plus ou moins récents.
CROSBY, STILLS AND NASH

À l’époque Hippie les voyages exotiques font florès et le Maroc fait partie des destinations prisées par les jeunes. “Marrakesh express” est sans doute la chanson la plus emblématique sur la ville. En 1969, elle figure sur l’album des débuts de Crosby, Stills and Nash. Les paroles et la musique sont signées Graham Nash. Le chanteur se souvient d’un voyage fait de Casablanca à Marrakech à bord du train Marrakech Express en 1966.

L’ambiance animée dans les wagons, les canards et les poulets bruyants, les couleurs et les odeurs inhabituelles, puis la Place Jemaa el Fna et ses cobras.
C‘est aussi l’évocation de la période hippie marocaine qui connaîtra son point d’orgue à Essaouira dans les années 1970. Ce titre a rencontré un beau succès dans les charts américains.

TECHNO DANCE
Changement radical d’époque et de style musical pour « Marrakech » écrit plus récemment, en 2004, par le célèbre DJ allemand André Tanneberger, adulé par les foules en transe sous le nom de ATB. Le titre figure sur son album No silence et il en a été le premier single extrait. Enorme succès dans le monde de la techno et de la dance. Le morceau a aussi illustré le film Mindhunters.

HENRI SALVADOR
Dans une ambiance plus feutrée et crooner, Art Mengo et Marc Estève écrivent «Il fait Dimanche » pour Monsieur Henri Salvador et son album « Chambre avec vue » qui devait marquer avec brio et succès son grand retour en 2000 : « Il fait dimanche à Marrakech Dans l’ombre d’une de ses ruelles Quand je vole sur tes lèvres fraîches
Le sucré des cornes de gazelle…

Il fait dimanche et tous les jours. À chaque fois que tu souris C’est la revanche de l’amour Sur le temps qui passe sans bruit»

CLAUDE NOUGARO
Autre chanteur français marqué au fer rouge du jazz, Claude Nougaro. Après un séjour dans un riad de la médina, il se rappelle le « tibibt », petit oiseau (bruant) familier et emblématique de la ville, locataire permanent dans les maisons de la médina.

Le rythme saccadé traduit bien la vivacité du petit animal vif et coquin.
« Le p´tit oiseau de Marrakech A tous les jours l´haleine fraîche. Quand il s´éveille réjoui, Il fait pipi et il pépie…

Vous dire en deux mots ce qu´il dit? Je n´entends goutte à son dialecte. Il appartient à une secte, Trop près du ciel sans sauf-conduit. Sachez toujours qu´il fait tutut Et tututut dans le silence. La symphonie d’oiseaux commence
Sur ce poids plume de la flûte. L´arbre s´embrase de gosiers Bruyants de contre-chants, de fugues. Le Paradis fait une fugue, Sur Marrakech, il s´est posé… »
MINA

En 1982, sur son album « Italiana » la diva italienne Mina demande langoureusement à son amoureux de l’inviter pour une nuit folle à Marrakech. C’est une adaptation de la chanson originale du Brésilien Caetano Veloso.
“Si tu veux m’offrir une nuit, pense à une nuit folle à Marrakech, quelque chose de spécial, quelque chose qui me va bien…”
FOLK MUSIC
Deux autres femmes mais qui naviguent dans les mouvances de la world music et du folk, à savoir Mishka Adams et Loreena Mckennit vont raconter leur Marrakech.
La première, en 2005 dans son album God bless the child : « I watch you sip your tea on a roof in Marrakech… » je te vois siroter ton thé sur un toit à Marrakech, le soleil explose d’orange, de rouge et de bleu…la ville rouge se lève après le coucher du soleil, fais-moi voler sur tes ailes vers Marrakech, tu ne trouveras pas le trésor que tu cherches…une magie règne dans les remparts de terre de la ville… « Fly me away on your wings to Marrakech…”

La deuxième, chantre canadienne incontournable de la folk, peint la Place Jemaa el Fna, avec ses cercles de spectateurs, ses lumières, ses fumées qui tourbillonnent, ses percussions obsédantes qui suspendent les battements du cœur…Cet album « The mask and the mirror » sorti en 1994 est un de ses plus grands succès.

QUE SERA SERA
On ne quittera pas la ville rouge sans se rappeler le petit refrain de la chanson du film « L’homme qui en savait trop » d’Alfred Hitchkock en 1956. « Que sera sera (whatever will be, will be)» n’évoque pas directement Marrakech mais elle est liée à l’action qui se déroule dans la ville. Une scène d’action se déroule Place Jemaa El Fna. James Stewart, Doris Day et Daniel Gélin en sont les protagonistes. Le restaurant Dar Essalam, qui existe toujours, est le lieu d’une scène de dîner assez comique !

C’est dans sa chambre de l’hôtel La Mamounia que Doris Day, épouse de James Stewart, la chante à son fils, en toute insouciance, avant que les choses ne se gâtent pour eux.
Si j’ai réussi à vous mettre cette ritournelle dans la tête, je vous préviens, vous en avez pour plusieurs jours avant de vous en débarrasser de ce ver d’oreille.

Que sera, sera…



