C’était un petit jardin…
Le terrain est un triangle entre l’Avenue Mohamed V et l’Avenue Guemassa, à la lisière du Gueliz, le quartier moderne de Marrakech. Sur un côté, les chevaux de calèches se reposent et se désaltèrent. Un autre donne sur les remparts de l’entrée en médina. Ce petit square, autrefois anodin et peu entretenu, est devenu un lieu agréable de promenade et de réflexion.

COP 22 en 2016 à Marrakech
C’est en effet, à l’occasion de la Cop 22, qui s’est tenue à Marrakech en novembre 2016, que le jardin d’œuvres sculpturales a été créé. Entre les bancs, les palmiers et une végétation dessinée, les artistes se sont exprimés autour du thème imposé : Écologie, environnement, sauvegarde de notre planète.
À la pointe du terrain, comme une porte d’entrée, s’offre à la vue un globe terrestre qu’un individu semble étreindre avec force et ferveur.

“Ne touche pas à mon monde” Mahi Binebine 2016
Cette sculpture de Mahi Binebine, titrée “Ne touche pas à mon monde” annonce clairement le propos du Jardin des Arts. D’ailleurs l’écrivain et artiste marocain est aussi à l’initiative du projet.
Naturellement les œuvres interpellent et nourrissent notre ressenti et notre sensibilité à la question environnementale. Les modes et moyens des artistes sont très diversifiés.
Des artistes européens
L’artiste italien Nicola Salvatore, qui vit et travaille à Come, propose une baleine ceinte “Entre les deux colonnes rouges”. Son travail est depuis toujours guidé par la biodiversité et la préservation des espèces.

“Entre les deux colonnes rouges” Nicola Salvatore 2016

Sans titre. Yasmina Alaoui 2016
La sculpture oppose béton et métal peint doré.

Sans titre. Détail. Yasmina Alaoui 2016

Jean-François Fourtou 2016
Les artistes marocains à l’honneur
Fatiha Zemmouri, artiste visuelle marocaine, continue d’explorer la matière.

Fatiha Zemmouri “Matrice” 2016
Elle cisèle des coraux dans son cercle de métal.

Fatiha Zemmouri Détail
Changement radical de matière avec les silhouettes en bois sculpté de Abdelhafiz Takorait. La sculpture au titre mystérieux évoque des totems.

“La pensée de la famille généreuse” Abdelhafiz Takorait

“Globe terrestre” R. Assiraj, D. Safraoui, M. Imaghrak 2016

“Globe terrestre” détail
Hassan Bourkia, artiste marocain, plasticien aux multiples facettes, nous propose son “Arbre de vie”. Trois arbres de fait, un olivier et deux cuillères du désert, pour la résistance et la pérennité des espèces ?

Hassan Bourkia “Arbre de vie” 2016
Le sculpteur et fondeur, Karim Alaoui, originaire de Casablanca mais installé aujourd’hui à Essaouira, a dressé sa “Pyramide des athlètes acrobates”. Élan de vie !

“Pyramide des athlètes acrobates” Karim Alaoui 2016
Le Tétouanais, Abdelkrim Ouazzani, est un artiste au langage volontairement naïf ou enfantin. Ses statues polychromes, fantaisistes, ludiques n’en sont pas moins poétiques. Pour la thématique imposée dans le Jardin des Arts, il met en bouteille bleue le poumon vert de la terre.

Karim Ouazzani “Le poumon de la terre” 2016
Il est aussi question d’air chez Mohamed Melehi avec sa sculpture “Signal CO2”

“Signal CO2” Mohamed Melehi 2016
Message entendu !
De l’air que l’on respire, de l’atmosphère polluée, du bouleversement climatique, il en fut largement question pendant cette COP 22 de Marrakech en 2016. Dix ans après, le chemin à parcourir est encore bien long pour que l’homme contribue désormais à améliorer la qualité de son environnement. Puisse l’Art aider à la réflexion, à la prise de conscience, et finalement à l’action !

N’hésitez pas à visiter le Jardin des Arts. Il faut saluer l’initiative malgré les quelques aléas…L’endroit est peut-être encore un peu trop discret. Son entretien laisse parfois à désirer… Quelques œuvres n’ont pas résisté à l’épreuve du temps ou du climat ? On peut déplorer l’absence d’une signalétique appropriée. Les œuvres mériteraient d’être titrées et attribuées, donc les artistes d’être cités. Rendons à César…
En guise de conclusion, je reprends à mon compte ce cri collectif poussé par ces artistes :
Ne touche pas à mon monde !

Mahi Binebine “Ne touche pas à mon monde” 2016



